Blog de DoroT

dimanche 22 juillet 2007

Comment faire des craquelures dans la peinture ?


Portrait détail - pastel gras, feuille d'or - DoroT

Les craquelures.. tout un programme !
Pour répondre à Vero qui me demande :
Comment faire des craquelures sur une partie du tableau terminé, technique acrylique ?

A) Voici différents vernis craqueleurs ou médium que j'ai déjà utilisés :

  1. Vernis craqueleur LEFRANC BOURGEOIS
  2. Crackle Paste GOLDEN
  3. Médium à craqueler POLYVINE
  4. Krakelee Medium MARABU

1- un vernis qui n'est pas très concluant, les craquelures ne sont pas bien visibles. Elles sont très fines.
Intéressantes dans le cas d'une impression de vieille peinture ancienne. En patinant avec de la peinture à l'huile, elles ressortent brunies.
2- une pâte blanche, douce, opaque, un peu granuleuse comme un blanc d'oeuf battu ! je me demande sincèrement pourquoi elle porte ce nom de 'pâte à craqueler' !! pour obtenir de belles craquelures, j'attends toujours les explications (non communiquées par le fabriquant contacté).. J'ai mélangé cette pâte à de la peinture acrylique colorée. La cata ! la couleur et le blanc de la pâte ne sont pas compatibles et l'effet est fade. Quant aux craquelures, elles apparaissent (quand elles apparaissent !!!) au bout d'un long moment, mais très fines. De plus, son prix est très élevé.
3- voici un vernis intéressant. Utilisé en encadrement, pour créer des craquelures sur les baguettes. Sur une couche d'acrylique sèche, on passe ce vernis régulièrement, sans revenir dessus. Laisser sécher. Puis appliquer une autre couche d'acrylique, d'une autre couleur p.ex.. Les craquelures apparaissent presque instantanément.
4- ce vernis est utilisé dans plusieurs techniques également en atelier manuel. Il est similaire au n°1.

Sur le détail de la photo ci-après, j'ai travaillé avec du pastel gras. Puis posé le vernis craqueleur. Et oui j'ai osé !!! Ca fait partie des recherches personnelles !! et j'ai aimé l'effet.
Ensuite j'ai passé de la peinture à l'huile brune pour combler les fissures et l'ai essuyée au chiffon.. Si je me souviens bien, 2 jours après, de nouvelles craquelures sont apparues.

Mais dans le cas de Véro, le tableau étant terminé, il est délicat de travailler au médium ou vernis craqueleur. Cela implique une autre couleur à ajouter que Véro ne souhaite pas mettre..
Ce sera pour le prochain tableau !!

A bientôt. D.

jeudi 19 juillet 2007

Pour tout vous dire...

Bonjour à tous,

Oh combien de questions, ai-je dû éviter lors de ces quelques mois d'expo ?!!

Il est vrai que mon travail -car c'est un travail- interpelle, retient l'attention et les regards, et surtout par ce fait, interroge !

Alors je dirais simplement ceci. Pour en arriver là, ce sont de longues heures, une longue expérience, des échecs, des succès, des essais interminables, des poubelles pleines, une table de dessin constellée de petits essais, qui le lendemain, révélaient leurs effets... Il n'y a pas de recette. Chacun a SA recette.

Je suis prête - et oh combien d'entre vous en ont été satisfaits - à donner des "recettes", celles qui sont basiques, celles qui dépannent, celles qui sont ébauchées dans les livres d'Art et de Techniques mais incomplètes..

Mais donner MA recette non. Et cela vous le comprendrez forcément, inévitablement, le jour où vous aurez VOUS-MÊME trouvé 'votre' recette.

Là, et seulement là, vous comprendrez.
Vous comprendrez que tout le temps que vous avez passé à chercher, à tester, à bloquer, à occulter d'autres loisirs tentants par ailleurs... là, vous ne voudrez pas donner, comme cela, simplement, d'un coup de doigts sur le clavier, le résultat de cette recherche.

Et je sais que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.. j'ai toujours autant de plaisir à communiquer mon savoir, et je continuerai à le faire.

jeudi 12 juillet 2007

Comment faire un glacis en peinture à l'huile ? suite


Passage des Gnous - Huile sur papier 70x120 DoroT

Voici un exemple de tableau, qui "contredit" la première partie du glacis que je viens de t'expliquer.
Comme souvent, il y a des exceptions !!

L'emploi du blanc dans le glacis. Tout un art !! Le blanc étant une couleur opaque, elle aura tendance à "couvrir" la couche de dessous, même si elle est employée en faible quantité, juste en frottant par exemple.
Le blanc de Titane est plus opaque que le blanc de Zinc.
Personnellement, je dilue une faible quantité de blanc avec de l'huile de lin -pas trop, comme dit auparavant- et j'étale... au chiffon ! si je le fais au pinceau, même avec des poils adaptés, le blanc étant "présent" on verra les traces de pinceau. Disons que c'est "mon" truc !
Comme cette façon de procéder n'apporte que peu de matière grasse sur ma toile, cela va sécher assez rapidement. C'est alors que je réitérerai ce procédé aux endroits que je souhaite un peu plus "opaques" disons-nous.. tout en restant transparents !!!
On suit ???
Le fait de vernir aussi, après, l'ensemble, cela crée une uniformité visuelle.

J'aurais aimé être petite souris au XVIIème siècle (mais que petite souris !), dans la manche de la robe de chambre de Rembrandt ou dans le miroir de Vermeer, pour observer leur technique du clair-obscur, et celle de leur glacis si subtil. La cire d'abeille dans la peinture à l'huile, peut-être ? la technique de Vermeer se serait rapprochée de celle de Rembrandt.. n'a-t-il pas été l'élève de Fabritius, lui-même formé par Rembrandt ?

Je te laisse à cette méditation... courage ! ne trouves-tu pas la peinture passionnante ?

DoroT

mercredi 11 juillet 2007

Comment faire un glacis en peinture à l'huile ?


Sanguines - Huile 80x80, détail DoroT

Bonjour,

A une amie, qui me posait la question : comment faire un glacis ? et quelle couleur employer ?
J'ai répondu ceci, et j'espère que cela vous aidera également :

Tout dépend de ce que tu veux faire, sur quoi, quel sujet.
C'est un fait, qu'il est rare que je finisse un tableau sans glacis.

Tu peins normalement ton tableau. Et surtout il faut le laisser bien sécher quand tu penses qu'il est terminé.
Pour l'embellir, à certains endroits, il faut mettre un glacis.
Où tu veux que la couleur soit plus "profonde", "donner vie" à un fond, mettre juste une petite note de couleurs dans une ombre.
C'est subtil et difficile à en parler ainsi. Observes les détails des quelques tableaux ci-après. Dans les ombres surtout, on peut deviner une légère couche de peinture plus sombre. Elle est présente mais ne cache pas le motif dessous.
Utiliser de la peinture transparente.
Sur les tubes d'huile, il est spécifié si ta peinture est transparente, semi-transparente ou couvrante. En mettre un peu sur la palette, puis lui ajouter de l'huile de lin de façon à faire "un sirop huileux" - mais surtout pas trop ! ça ne prendrait pas sur la couche précédente, il y aura formation de petites gouttelettes inesthétiques, et surtout inacceptables !! - ou ajouter un médium à peindre (problème: si trop épais, lui ajouter une goutte de white spirit ou térébenthine -suivant ce que tu utilises- et de plus c'est assez brillant). Tu auras alors un liquide gras, ou sirupeux voire collant, légèrement coloré.
Utiliser un pinceau assez large si la surface est importante, mais en poils doux. Pas de poils de porc. Mangouste, c'est bien. Mais faire un beau nettoyage après si tu as utilisé du médium à peindre.
Ainsi avec cette sorte de poils, on ne doit pas voir les traces de pinceau.

LE GLACIS DOIT SE DEVINER SANS SE FAIRE VOIR !!

Côté couleurs : ma foi, c'est un peu au jugé. Si tu as un fond dans les tons assez brun - Brun Van Dyck par ex., tu peux lui faire un glacis ou alizarine (transparent) qui lui donnera un ton plus chaud, ou violet ( transparent) qui le foncera tout en lui donnant de la profondeur.
Sur mes fleurs par exemple. Je peins mon tableau, ombres, lumières, etc.. séchage. Puis je reprends pétale par pétale, et sur le côté ombre, je rajoute un glacis ou de la couleur de ma base ou un magenta ou autre rouge + foncé que le dessous, (si ma fleur est rouge biensûr).

Maintenant, tu peux jouer sur les complémentaires. Si tu veux un vert profond, lumineux, intéressant, peins en jaune, puis mets un glacis bleuté (Prusse, outremer : transparent).
Sur du jaune si tu mets un violet d'Egypte par ex. (transparent), tu auras un joli brun ocre subtil, et non comme un ocre pur que tu aurais sorti du tube, fabriqué. On voit un peu le jaune, et on devine le violet dessus, mais l'oeil compose un "ocre" sur la rétine.

Tu peux aussi réveiller une couleur. Sur un vert "fadasse", tu lui mets un jaune citron (pas cadmium, opaque), ou un autre vert (émeraude, ou vert de Hooker : transparent) il sera plus intéressant.

Orangé : sur un jaune citron, ou de cadmium moyen, tu mets un glacis de magenta (transparent) tu auras un superbe orangé.

En résumé :
. bien connaitre ses couleurs -transparentes/opaques-
. connaitre l'harmonie des couleurs
. poser le glacis sur la peinture sèche


Frangipanier - Huile 80x80 détail DoroT

Si le glacis est fait à l'huile de lin, il sèchera très lentement. Il existe dans le commerce des médiums à glacis Hollandais, Flamand, Vénitien... c'est un peu compliqué et long à t'expliquer comme ça, mais généralement ils sont faits pour les peintures style "trompe l'oeil" ou hyper-réalistes ou style peintures début XIXème siècle.
Vermeer, Rembrandt, et bien d'autres utilisaient aussi très souvent le glacis.
Et pour te rassurer, il existe des cours spécifiques donnés sur le Glacis qui durent... + d'un an !! alors il faut de la pratique, de l'expérience, du doigté, et une connaissance parfaite du sujet...

Fais des essais simplement. Si tu veux aller plus vite, fais des fonds à l'acrylique (mate, si possible), qui sèchent vite. Puis des glacis dessus à l'huile. Tu verras le résultat. Ce sera moins joli, mais utile et pratique pour commencer.

L'avantage de le faire sur une peinture sèche : il ne se mélange pas avec la couche inférieure. De plus, il est plus gras que la couche précédente (règle: GRAS sur MAIGRE). Et surtout....... tu peux l'enlever à l'essence avec un chiffon doux et RECOMMENCER si tu n'es pas satisfaite !!!

Nous verrons plus tard le problème des EMBUS, souvent formés lors d'un emploi abusif de médum à peindre ou d'huile de lin !

DoroT