Blog de DoroT

lundi 12 mars 2007

Comment faire un glacis à l'acrylique ?

Voir aussi "Comment faire un glacis à la peinture à l'huile?"

Pour répondre à la question posée par Françoise :

Le glacis, par définition, est transparent. Il s'agit de superposer une teinte transparente sur une autre teinte, qui doit être absolument sèche. En lui donnant une petite couleur sans pour autant la modifier ni la couvrir complètement. On devinera la couleur du dessous, et la couleur du voile transparent dessus.

On peut procéder de deux façons :

a) Diluer la couleur transparente avec de l'eau, et faire comme un lavis. Sur une couleur foncée, on met une claire transparente. Et inversement.

b) Diluer la couleur transparente avec un médium. (médium veut dire : élément ajouté à..)
Plusieurs médiums existent. Ils se présentent le plus souvent en pâte blanche, qui devient transparente en séchant.
Ils sont brillants, mats, ou satinés, suivant votre goût. Ils ont la faculté de faire un beau glacis, tout en augmentant le pouvoir adhérant de votre peinture. Egalement, une fois sec, vous pouvez de nouveau repeindre dessus, un autre glacis.. Pour certains de ces médiums, employés purs, ils sont d'excellentes colles, même des objets très lourds. Par expérience, j'ai déjà collé des coulures de bronze, lourdes, sur de la toile avec un médium gel, et rien n'a bougé des années après !

Le nom de ces médiums et des marques intéressantes ? Les voilà !!
Sachant que ces produits sont assez chers, pensez à bien refermer votre pot !

. Schmincke :
" Médium acrylique"
" Médium fluide effet brillant/ mat/ satiné " - il retarde en plus, le séchage de la peinture

. Liquitex :
" Médium gel brillant" - excellent aussi comme colle pour grands formats

. Lascaux :
"Médium 2 mat" ou "Médium 3 brillant satiné" - il se colore très bien même avec peu de peinture.

. Daler-Rowney :
" Glaze medium" matt (médium à glacis mat)
" Glaze medium" gloss (médium à glacis brillant)

Si ces médiums sont épais, les diluer à l'eau légèrement et les ajouter à la peinture. A vous de juger la transparence de ce mélange.
SURTOUT, BIEN PENSER A NETTOYER VOS PINCEAUX !!

Tout ceci n'exclut pas de passer un vernis définitif. En effet, le fait de travailler avec des médiums brillants, à certains endroits de la toile, vous allez créer des embus. C'est à dire que la toile aura des parties mates, brillantes, ou satinées par endroits. Ce qui n'est pas très heureux à l'oeil.
Les vernis unifient alors le côté ou tout brillant, ou tout mat, ou tout satiné.

Depuis le début de cette explication, je parle de peinture acrylique transparente. En effet le principe étant de poser un glacis, il est peu recommandé d'employer une couleur opaque. Sauf si l'on est obligé. Auquel cas, vous diluerez fortement cette couleur afin de la rendre la plus transparente possible.

Certaines couleurs ont un rendu magnifique, profond, lorsqu'un glacis est posé dessus.
Exemple : Sur un brun, ou terre d'ombre naturelle, ou sépia, vous posez un glacis violet ou outremer, la couleur est très intéressante et se révèle.
Sur un rouge vermillon, un glacis jaune, l'illuminera. Sur un magenta, un glacis jaune moyen, donnera un rouge très lumineux.
Sur un vert, un glacis jaune, le rendra plus lumineux également.
ATTENTION au piège du BLANC, comme au glacis de la peinture à l'huile.. c'est un faux-ami. Je le dis souvent !

A vos pinceaux !!!
DoroT

jeudi 8 mars 2007

Comment peindre de grosses fleurs blanches ?

A Marlyne, qui me pose cette question :


Grand Iris - Huille et technique mixte 100x100 - DoroT

J'illustre de plusieurs photos ces explications.
En effet, le blanc que l'oeil voit, n'est pas le blanc que l'oeil regarde.
A regarder de près, pour certaines fleurs blanches, il y a une multitude de petites couleurs qui s'accrochent aux plis des pétales, formant les couleurs des ombres, celles du reflet de l'objet ou des autres couleurs qui entourent la fleur, etc...
Employer du blanc oui, mais pas que...

Dessin

Pour faire de grosses fleurs blanches, prendre une photo, c’est plus pratique, surtout si on débute.
En faire une photocopie, noir/blanc, les ombres/lumières seront plus faciles à repérer.
Pour faire une « macro » (grossissement), fabriquer 2 L en cartonnette afin de faire comme une fenêtre, que l’on balade sur la photocopie POUR NE FAIRE QU'UNE PARTIE DE LA PHOTO (voir la photo des gabarits).


Gabarits en carton épais - Photo DoroT

Faire glisser les deux L l'un sur l'autre, en carré ou rectangle, de façon à ce que l’ouverture de la fenêtre corresponde aux proportions du support (papier ou toile). On ne peut reproduire le dessin d’une photo carrée sur une toile rectangulaire, sans la déformer.
Bien faire attention à cela.
Lorsque dans la fenêtre, vous estimez que votre sujet est bien centré, bien choisi, à votre goût, fixer les L au scotch sur la photocopie pour ne plus la bouger, et procéder au quadrillage.
Sur les L comme sur la toile, tracer les ½ et les ¼ de la hauteur et de la largeur. Ce sera plus facile pour reporter le dessin. Un dessin au trait (sans valeurs).

Peinture

J'explique comme si je peignais à la peinture à l'huile. La première couche ainsi que les suivantes seront faites comme l'explication du texte précédent, "Comment commencer une peinture à l'huile" .
Je peindrais les pétales uniformément de blanc (Titane). Celui-ci est opaque, bien couvrant et malgré la toile blanche, il faut peindre en blanc. Puis peindre le reste du tableau suivant le sujet.
A la couche finale, il faudra procéder alors au Glacis (voir chapitre sur le blog). Le fameux glacis ! C’est là qu’interviennent ces couleurs subtiles et transparentes sur les pétales blancs. Jaune, bleuté, verdâtre, mauve. Elles donneront alors vie aux pétales et surtout du modelé. Je rajoute toujours en dernier, du blanc aux endroits les plus lumineux.
Pinceau à poils doux, mangouste ou martre ( + cher).

IMPORTANT : à la peinture à l’huile, pour réaliser le blanc, j’utilise de l’huile d’oeillette et non de l’huile de lin. Celle-ci aura tendance à jaunir dans le temps. L’huile d’oeillette est moins siccative (sèche moins vite), mais garde au blanc toute sa pureté. Le blanc, est une couleur qui met souvent plus longtemps à sécher.

J'espère que ces explications vous seront utiles.
A bientôt

DoroT

vendredi 2 mars 2007

Comment commencer une peinture à l'huile ?


Photo DoroT

En réponse à tous ceux qui se posent la question, voici mes suggestions.
Elles sont personnelles, issues de diverses expériences, et certainement pratiquées par de nombreux peintres... qui ne vous dévoileront pas leurs secrets et après, qu'importe !

Je vous invite aussi à regarder mes toiles sur d'autres billets que celui-ci.. vous êtes TRES nombreux à lire celui-ci, vous découvrirez ce que je fais et d'autres conseils aussi importants sur l'huile, l'acrylique, etc.. sur les autres billets.

SI VOUS SOUHAITEZ METTRE UN COMMENTAIRE, MERCI DE NOTER ÉGALEMENT VOTRE MAIL (QUI RESTERA CONFIDENTIEL) SINON JE NE POURRAI PAS VOUS REPONDRE PERSONNELLEMENT.

Plusieurs solutions, à vous de choisir :

A) Sur un chassis/toile, déjà préparé, c'est à dire avec la toile apprêtée blanche :
1- Faire le dessin :
. soit au graphite ou fusain (ce que je ne conseille pas). En peignant dessus, soit il disparait, soit il "salit" de gris la peinture (ce qui n'est pas très génant, mais quand on aime le travail propre, ça gène !)
. soit à la sanguine (ce que je fais très souvent). Passer ensuite un chiffon pour l'estomper et retirer la poudre du crayon. Une couleur rougeâtre colorera un peu la peinture dessus, mais pas gênante
. soit directement au pinceau avec de la peinture à l'huile très diluée à l'essence
. soit pas de dessin de suite !

2- Préparer un "jus" - le jus, est un peu de peinture à l'huile diluée à l'essence - de façon à faire un jus aquarellé. Souvent, l'ocre est la couleur de base, neutre. Passer ce jus partout sur la toile, à l'aide d'un gros pinceau brosse (soie de porc). Ca coule, tant pis, on essuie au chiffon... il faut que l'on voit encore votre dessin dessous. Ceci prépare bien votre prochaine couche de peinture, légèrement plus grasse.

B) Sur un chassis/toile, déjà préparé, c'est à dire avec la toile apprêtée blanche :
1- Faire le dessin comme précédemment, à la méthode de votre choix, puis...
2- Préparer les différentes couleurs composant votre sujet. Elles seront posées sur la toile, de façon également comme un "jus", léger, aquarellé.

Ces couleurs seront approchantes des couleurs définitives, et PAS LES DEFINITIVES !! Si vous avez à mettre plus tard, un rouge foncé, carmin p.ex., mettez un magenta dilué. Si vous avez un orange, mettez un rouge vermillon ou jaune de cadmium moyen, dilué. Elles vous aideront visuellement à vous rendre compte de l'équilibre chromatique, de votre tableau.

Lorsque toute la toile est recouverte de ce jus coloré, prenez votre toile, et placez-vous devant un miroir (voilà pourquoi il y a toujours un miroir ou des glaces, dans un atelier de peinture !) Vous remarquez alors si les couleurs sont bien placées, si l'harmonie vous plait, si le dessin est bon ! rectifiez alors si nécessaire.

L'EBAUCHE

Elle a une importance primordiale. Cela premièrement, du côté technique. Elle prépare 'l'accroche' des couches suivantes, nourrit la toile. Deuxièmement, comme je l'ai déjà signalé, elle prépare l'oeil du peintre, à la construction de son sujet.
Personnellement, je pense que trop de peintres imaginent peindre "d'inspiration" ( sans connaissance technique et instinctivement).. alors qu'ils peignent n'importe comment !


Début de tableau, chaque pétale est en jus coloré, puis repris en huile plus grasse. Photo DoroT

Ces bases sont faites à la PEINTURE A L'HUILE. Vous pouvez également faire votre fond préparatoire, à l'ACRYLIQUE.
Vous procédez de la même manière pour le dessin, simplement vous remplacez la peinture à l'huile par de la peinture acrylique (peinture à l'eau). Que ce soit dans la méthode A comme la méthode B.

Vous pourrez alors sur l'acrylique sèche, continuer à la peinture à l'huile. Dans ce cas, les techniques sont possibles et compatibles.
NE JAMAIS POSER DE L'ACRYLIQUE SUR DE LA PEINTURE A L'HUILE. Pourquoi ?
Que votre couche d'huile soit épaisse ou fine, il lui faudra un "certain" temps de séchage. Elle ne sera sèche à coeur qu'après un certain laps de temps ( 15 jours à 8 mois, voire 1 an !!) Donc, si vous lui posez dessus (sur la très fine pellicule sèche) de la peinture acrylique, qui elle, sèchera très vite, l'ensemble en séchant peu à peu à fond, va plisser, craqueler, faire "peau d'orange" comme on dit !! et c'est la catastrophe !

C'est pour cela qu'en peinture à l'huile, une loi est très importante : IL FAUT TOUJOURS PEINDRE GRAS SUR MAIGRE.
La couche de dessous doit être moins grasse que celle de dessus. On commence donc un tableau soit en jus à l'essence + peinture à l'huile, soit à l'acrylique. Puis les couches suivantes, seront avec de l'huile de lin + peinture à l'huile. En très peu de quantité au départ, puis si nécessaire, avec un peu plus après.

C'est pour cette raison que les glacis, venant en phase terminale du tableau, sont bien plus gras, soit en huile, soit en médium, que les couches précédentes. (voir chapitre Glacis dans ce blog)

PINCEAUX EMPLOYES :
En début de tableau, privilégiez les brosses en soies de porc. Les poils blancs, durs. Les formes "langue de chat" ou "plate" sont plus pratiques. Puis au fur et à mesure de l'avancement du tableau, soit vous optez pour des poils en mangouste, plus doux et souples, réalisant des fondus intéressants, sans traces de coups de pinceaux. Soit vous restez aux poils de porcs, auquel cas les marques du pinceau seront plus visibles. C'est selon ses propres goûts.

La technique du couteau, sera employée, après la première couche sur la toile. C'est tout au moins, ce que personnellement, je recommande, plutôt que de commencer directement au couteau !

PEINDRE SUR LE MOTIF

Peindre une toile dehors, dans la brume ou quelque circonstance de plein air (et réussir sur le plan de l'émotion !) c'est une chose.
Dire que cette toile a été peinte dans de bonnes conditions de conservation, en est une autre..

Mais attention :
Je ne suis pas contre le travail préparatoire d'après nature, sous la pluie, le vent, la neige ! le reste de la toile est à continuer à l'abri d'un atelier ou pièce close. Le plein air n'est pas une bonne chose pour la santé de la toile.

Il y aurait tellement encore à dire !.. à bientôt

N'hésitez pas à poser des questions, à donner vos propres conseils, et lire les commentaires... à bientôt.
DoroT