L’histoire d’une peinture

Elle a pris naissance, tout d’abord sous mes yeux, lors d’une balade.
Installée sur le muret, j’ai dessiné.
La petite barrière est là. Fidèle.
Durant des années, je ne faisais jamais un dessin de paysage sans inclure une barrière ou une clôture.
Le dessin au stylo a dormi un petit moment dans le carnet à croquis.
Je l’ai ressorti et lui ai donné une autre vie.

Je lui ai offert une toile. De celle que je blanchis, que je lisse comme la pierre.
Le Passage était né. Dans son cocon de couleurs froides.
Sur le côté, le parapet est juste souligné d’un trait à la plume.
Comme une invitation.
Et puis le Passage.
Celui qui emmène loin, qui évade.

Après quelques semaines à l’atelier, la toile, installée à la galerie intrigue, interpelle.
Et puis, c’est le coup de foudre.
C’est ainsi la peinture. Cela vous touche au plus profond. Vous ne comprenez pas pourquoi.
Mais c’est celle-ci et pas une autre.

Murielle m’a regardée au fond des yeux. Comme une question.
J’ai alors compris que la toile ne m’appartenait plus. Qu’elle me quittait pour aller ailleurs.
C’est cette impression qui me fait toujours revenir aux moments de sa « naissance »…
L’atelier du soir, une musique de fond, le café ou le thé refroidi sur la table parmi les tubes, il fait nuit par-delà la fenêtre.
Le petit Duc lance son HU interminablement régulier. Il sait que quelque chose se passe dans la lumière de l’atelier.

Murielle dites-vous ? non je ne la connaissais pas.
Pas avant qu’elle ne franchisse timidement les deux marches de pierres de la galerie.
Mais un regard a suffit.


Murielle avec sa toile et moi avec ma blouse !

La sieste du chat


Photo Doro.T

A l’atelier,
Il est des jours qui donnent une envie de rien.
De ne rien faire. Dormir peut-être ?
Rêver sôrement. En regardant par la fenêtre.
Sentir une présence qui se faufile.
Ne pas avoir peur.
Le chat.
Dans son silence, il saute sur l’établi.
Celui réservé aux dessins. La blouse est là.
Posée négligemment après une nuit de travail.
C’est à cet endroit précis que le chat se couche.
Il en a décidé ainsi.
Et moi ? Je rêve en regardant par la fenêtre.
Dans son silence, je suis bien.
Doro.T


Photo Doro.T
Capter ces moments-là…
Avoir l’œil.

Une lueur

Voici la toile terminée.
Elle sèche pour l’instant sur les murs de la galerie.
D’autres toiles attendent le premier coup de pinceau !


Une lueur – Doro.T – huile 20P

Lueur

Nouvelle toile en cours.. Pas encore terminée, elle donne déjà un aperçu.
Le froid m’isole un peu plus dans la petite galerie.
Aujourd’hui, je peins là-bas. Pas à l’atelier.


Lueur (nom provisoire)- Doro.T – huile

La voici un peu plus avancée.

Je vous la dévoilerai bientôt.

Coeur suspendu


Photo Doro.T – A l’atelier – 2012

Dans le rideau d’organdi, des poches attendaient.
L’une après l’autre, elles se languissaient et se racontaient des histoires d’objets trouvés, de petits papiers..
Puis un jour, il est venu. Dans son beau moulage blanc, il flottait dans les airs.
C’était un cœur. Dans la lumière, au travers de sa poche, il avait l’air suspendu.
Le yucca, de ses feuilles taillées comme des lames, tentait de s’en approcher et étirait ses tiges comme pour mieux s’en approcher.
En vain.